Un petit jeu

Un petit jeu :

Le lieu sûr :

  • Le lieu : synonymes :

abri, banalité, berceau, cachette, cliché, coin, éden, eldorado, emplacement, endroit, espace, existant, inexistant, idée, imagination, invention, localité, maison, mouvement, place, planque, point, position, poste, quelque part, nulle part, personne, séjour, site, situation, terrain, théâtre.

Question : quel ou quels termes est ou sont appropriés pour définir le « lieu sûr » ?

  • Exemples :

« A l’homme qui veut faire de la vie un art, le cerveau tient lieu de coeur. » Oscar Wilde.

« Bon coeur peut quelquefois tenir lieu de bon sens. » Abbé Aubert.

« Ce lieu déborde de vie, surtout à la pointe du jour et au coucher des oiseaux. » Colette.

« Celui qui veut quitter le lieu où il vit n’est pas heureux. » Milan Kundera.

« Ce ne sont pas les lieux, c’est son coeur qu’on habite. » John Cage, David Tudor.

« Cherche la réponse en ce même lieu d’où t’est venue la question. » Sénèque.

« Cher Pan, et vous divinités de ces lieux, donnez moi la beauté intérieure et que l’extérieur soit en harmonie avec l’intérieur. » Stéphane Zagdanski.

« C’était le seul lieu du monde qu’il sentait encore sien. Il est des prisons pires que les mots. » Carlos Ruiz Zafón.

Question : quelle ou quelles citations correspond ou correspondent au « lieu sûr » ?

  • Jouez le jeu :

Tentez de répondre aux deux questions avant d’aller plus loin dans votre lecture. Soyez honnête dans votre réponse. Ne répondez pas seulement de façon cartésienne mais réfléchissez selon votre ressenti.

Par exemple, pour répondre à la première question, la réflexion cartésienne pourrait éliminer le synonyme « idée » et pourtant…

Voilà ce qui se passe à votre insu si vous êtes trop cartésien :

Si on vous dit « Pensez à un éléphant rose », que se passe t-il dans votre cerveau ?

Dans votre cerveau, à cette question répondra une zone (visible à l’IRM à émetteur de positons) qui vous fera prendre conscience de l’image d’un éléphant rose et vous pourrez dire : « Je pense à un éléphant rose ».

Si on vous dit : « Ne pensez pas à un éléphant rose », c’est la même zone cérébrale qui va « flasher » et qui vous fera donc penser à un éléphant rose ! Vous ne pourrez pas dire : « Je ne pense pas à un éléphant rose » malgré l’ordre donné.

Pourquoi ? Parce que le cerveau NE CONNAIT PAS LA NEGATION ! Le cerveau interprète notre ressenti devant toute situation et ne nous fait pas toujours reconnaître la froide réalité des choses (hallucinose).

Mais ne soyez pas dupe, il existe une différence fondamentale entre « hallucinose » et hallucination » :

Hallucinose : illusion, déformation de la perception d’un objet mais le sujet en est conscient et sait la critiquer.

Hallucination : psychopathologie légère (le sujet « peut vivre avec ») ou grave, dans laquelle le sujet est persuadé de l’existence réelle de l’objet illusionné ou dont la perception est déformée. Il ne pourra donc pas la critiquer.

Ainsi on pourra assister à ce dialogue de sourds (relevant parfois de l’hallucination) : « Vous n’avez pas annoncé à votre malade qu’il a un cancer ! » « Mais si, je lui ai dit qu’il a un cancer ! » « Mais non, je lui ai demandé et il m’a répondu que vous lui avez dit qu’il allait mourir ! » Le cerveau n’a pas entendu l’explication du médecin, il l’a traduite : « Vous allez mourir ».

Alors pour répondre aux deux questions, ne réfléchissez pas comme un miroir, ne raisonnez pas comme un tambour mais RESSENTISSEZ.

Si vous pensez avoir répondu juste aux deux questions, avec votre ressenti plus qu’avec votre logique, vous pouvez maintenant continuer à lire :

  • Le lieu sûr :

« Technique d’imagerie guidée d’ancrage des perceptions sensorielles et internes associées au lieu où la personne se sent le plus en sécurité. »

« La constitution du « lieu sûr » a pour but de permettre d’optimiser les émotions liées aux cinq sens en reprogrammant les ordres donnés au cerveau pour favoriser sa renaissance après évacuation du traumatisme psychologique. »

Christelle Donate, psychologue, membre de COLORDSPA :

« Le « lieu sûr » ou « safe place » en anglais, aussi appelé « jardin secret », est une technique employée dans la thérapie par l’hypnose et l’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing). En pratique, dans la façon de le construire et le mettre en place avec la personne, il se différencie en fonction de la thérapie, mais l’objectif de « créer ou renforcer un sentiment personnel de sécurité » (G. Salem, Soigner par l’hypnose, 5ème éd 2012) reste inchangé.

Le « lieu sûr » est la représentation tranquillisante et réconfortante d’un « lieu » ou d’une « scène ».

Il est utilisé, en hypnose comme en EMDR, en tant que « bouée de secours » (G. Salem, Soigner par l’hypnose, 5ème éd 2012) ou « soupape de sécurité » (C. Berghmans et C. Tarquinio, Comprendre et pratiquer les nouvelles psychothérapies, 2009), en permettant d’apaiser la personne sur le plan affectif.

C’est « un exercice particulièrement utile pour montrer au patient qu’il peut rapidement recouvrer sa stabilité émotionnelle s’il se sent perturbé » (Shapiro, 2007).

Le « lieu sûr » pourrait s’inscrire, comme le rappellent C. Berghmans et C. Tarquinio (2009), dans les techniques de relaxation par visualisation.

Imaginez un lieu, une scène, un espace-temps, rien que pour vous et dans lequel vous pouvez vous retrouver, vous ressourcer, seul avec vous-même. Ce lieu peut être réel ou imaginaire.

Imaginez ce lieu, sans limites, dans lequel vous pouvez vous mouvoir à votre guise, au travers d’un paysage de votre choix, que vous appréciez particulièrement pour sa beauté, son calme ou tout autre qualificatif vous étant important.

Imaginez ce lieu, partez à sa découverte, ouvrez vos sens.

Imaginez que vous puissiez vous immerger dans ce lieu le temps d’un instant suspendu dans l’espace temps, loin du Réel, avant d’y revenir fort de cette traversée emplie de sensations diverses, prêt à faire face différemment à la réalité qui est la vôtre.

Ce lieu sûr est unique pour chaque personne, une fois installé, construit, il peut alors être cultivé. »

Le lieu sûr n’est pas une évidence. Pour y arriver, il faut un cheminement, un apprentissage. Le lieu sûr se mérite et s’acquiert après un travail au tréfonds de vous mêmeLe but est de comprendre comment ce cheminement personnel, ce voyage au fond de vous même pourra aboutir à « dévier » la douleur, à défaut de la supprimer. Le lieu sûr n’est jamais « un médicament » dont vous pourrez vous servir dans vos moments les plus difficiles, surtout lorsque vous êtes éloigné de « votre » équipe qui vous prend en charge pour vos douleurs. Mais il est de nature à vous faire comprendre que «votre » équipe n’est pas là pour vous materner mais que c’est vous qui devez prendre en charge votre destinée. Ainsi, des malades addicts à leur équipe, sont devenus autonomes et arrivent enfin (avec beaucoup de fierté) à voler de leurs propres ailes puisqu’en même temps leur propre réussite est de nature à les faire restructurer leur image narcissique oh combien dégradée par la chronicisation de la douleur.

Mais attention, le but du lieu sûr ne doit jamais être la guérison de la douleur ou sa déviation. Si le but est d’agir sur la douleur, le cheminement vers le lieu sûr sera toujours entaché par son ombre. L’action sur la douleur ne doit être considérée que comme une conséquence « par hasard » du lieu sûr qui est un refuge, un espace à part, hors du temps. Et pourtant, le lieu sûr nous fait « vivre en pleine conscience ».

 

  • Réponses aux questions :

Question : quel ou quels termes est ou sont appropriés pour définir le « lieu sûr » ?

Réponse : TOUS.

Question : quelle ou quelles citations correspond ou correspondent au « lieu sûr » ?

Réponse : TOUTES.

Si vous avez répondu juste aux deux questions : bravo, vous avez gagné le « Grand cadeau ». CLIQUEZ ICI.

Gérard Torloting vous souhaite un bon voyage.

 

 

Mise à jour : 2014-06-28, 01:44:08.